AU CŒUR DU LIEN : LA CONFIANCE

Myriam Denis – Psychothérapeute conjugale et familiale – Le Chêne de Mambré

Tu me fais confiance ? Cette question touche au socle de toute relation vraie et durable. 
Sans confiance, tout chancelle. Alors d’où vient-elle ? Quels sont ses fruits ?

Le mot confiance contient la racine fid qui a donné fides, c’est-à-dire foi. Avoir confiance, c’est se fier à quelque chose ou croire en quelqu’un ; lui reconnaître ses capacités, et oser s’en remettre à lui. La confiance ne repose donc pas sur une certitude, mais sur une ouverture à l’autre.

La vie du Christ nous révèle à quel point lui-même pouvait faire confiance: malgré le reniement de Pierre, Jésus lui confie une mission essentielle : Pais mes brebis. Quant aux apôtres, même ceux qui doutent encore, il les envoie annoncer l’Évangile à toutes les nations.

Mais d’où vient cette aptitude à faire confiance ? Sa source se trouve dans l’enfance et les expériences de la vie. L’enfant développe sa capacité à faire confiance au sein d’une relation d’attachement sécure qui, par ailleurs, favorise une bonne estime de lui-même. Cette aptitude grandit ensuite grâce aux expériences relationnelles positives. À l’inverse, chaque trahison, chaque blessure ou chaque déception vient fragiliser cette capacité.

La confiance n’est pas donnée une fois pour toutes : elle se construit, se déconstruit parfois, et peut se reconstruire. Dans certains cas, une aide extérieure peut s’avérer nécessaire pour guérir de blessures qui entravent ce processus.

La confiance est indissociable de l’amour. Tout lien solide et durable repose sur la confiance. En couple, elle sera la source de son épanouissement parce qu’elle assure la sécurité affective, favorise l’intimité, permet la liberté propice à la croissance de chacun. Sont ainsi réunies les conditions pour une relation conjugale stable, apaisée, durable et heureuse.

Pour instaurer la confiance, chacun est invité à nourrir une estime de soi équilibrée. Celle-ci permet de poser des limites justes, d’exprimer ses émotions et de mieux traverser l’insécurité. On devient alors plus apte à écouter l’autre, à considérer ses besoins, à lui accorder le bénéfice du doute et à accueillir sa propre vulnérabilité. Tenir ses promesses et reconnaître ses torts renforcent également la confiance.

Tout comme aimer, faire confiance c’est aussi prendre le risque de souffrir, d’exposer sa vulnérabilité. Car il peut arriver d’être déçu voire trahi par l’autre. Alors, s’ouvre la voie du pardon. Dans l’épreuve de l’infidélité qui ébranle le fondement de la relation, le rétablissement des liens reste envisageable : si le couple communique sur les raisons de sa crise, si la personne blessée consent à refaire confiance en l’autre, d’abord dans de petites choses, et si l’autre s’engage à revenir dans la fidélité. Ici aussi, une aide extérieure sera peut-être nécessaire.

La confiance est, à la fois, nécessité et risque. Nécessité en tant que ciment de toute relation épanouissante et durable. Risque, car elle rend vulnérable et repose sur un pari : l’autre, l’avenir. Mais amour se conjugue d’office avec confiance.

La confiance, c’est ce qu’il y a de plus précieux au monde et aussi de plus fragile. Sans elle, rien n’est possible. (Marc Levy).

Couple en crise : comment retrouver la connexion émotionnelle ?

Vidéo avec Florentine d’Aulnois-Wang – Emission de « Les Lueurs » ci-dessous.

Dans cet épisode :

  • Comprendre ce qui réveille nos blessures
  • Bien vivre le conflit en couple
  • Tomber amoureux de la routine
  • Mieux vivre sa sexualité
  • La première chose à faire pour sauver son couple
  • La question de l’infidélité
  • Apprendre à écouter ses émotions

Groupe de parole pour personnes séparées ou divorcées

Vivre une séparation ou un divorce est une période difficile à traverser… Un accompagnement bienveillant peut permettre aux personnes qui affrontent une telle situation de se sentir moins seules.

À cette fin, Le Chêne de Mambré propose aux personnes séparées ou divorcées un groupe de parole qui se réunira 3 fois (avec les mêmes personnes).

L’objectif est de permettre aux participants de se poser, de retrouver un ancrage et aller de l’avant. Le fait d’entendre, dans un cadre sécurisant, l’expérience d’autres personnes vivant une situation similaire permet de mieux comprendre ce qui nous arrive et d’envisager des pistes auxquelles on n’aurait pas spontanément pensé.

Deux psychothérapeutes professionnelles faciliteront les échanges lors de ces rencontres qui auront lieu en présentiel à Wavre.

INFORMATIONS PRATIQUES

• Un cycle de 3 rencontres autour de 3 thèmes :
o le 11 février 25 : le deuil du couple
o le 25 mars 25 : la confiance en soi, en la vie
o le 28 avril 25 : la relation avec ses enfants

Horaire : de 20 à 22h
PAF : 25€ pour l’ensemble des 3 soirées
Lieu : Le Chêne de Mambré – Place de la Cure 24 à 1300 Wavre
Informations et inscriptions : 010 235 368 et lechenedemambre@bwcatho.be

S’écouter en couple : ça s’apprend !

Ecoute Israël ! , cet appel précède, dans l’Ancien Testament, les deux plus grands commandements de l’Amour ! En effet, comment aimer et servir sans écouter ? En quoi consiste la véritable écoute ? Et quels sont les points d’attention pour la vie de couple ?

A Dieu qui l’a fait roi, Salomon a demandé, comme bien le plus précieux, un cœur attentif, littéralement un cœur qui écoute.Ecouter est donc avant tout une attitude. C’est mettre de côté tout ce qu’on aurait envie de dire et être attentif à l’autre de tout son cœur, de tout son esprit et de tout son corps.

De tout son esprit suppose de rejeter tout a priori et tout jugement, et, surtout dans un couple, d’éviter les je le connais, je sais déjà ce qu’il/elle va dire : l’autre reste un mystère insaisissable qui évolue au fil du temps.  C’est aussi mettre de côté les c’est comme moi…, ne pas tomber dans le piège des conseils ou des solutions. L’autre demande simplement à être entendu, reçu et reconnu.

De tout son corps requiert une posture d’accueil qui passe par un regard attentif. La petite Julie dit à sa maman qui l’écoute en cuisinant : écoute-moi avec les yeux ! Plus subtile, écouter c’est aussi rester attentif aux silences de l’autre, aux changements de ses comportements, au ton de sa voix, à ses expressions non verbales qui peuvent aussi me parler. Car on ne peut pas ne pas communiquer[1].

Malgré les silences, l’écoute vraie reste une attitude active. Il s’agit, en effet, de reformuler ce que l’autre vient de me dire ; de déceler au-delà des mots les sentiments qui l’habitent et manifestent certains de ses besoins satisfaits ou frustrés. Je peux alors lui exprimer mon empathie en lui reflétant le plus fidèlement possible les sentiments et les besoins entrevus dans son partage. Une relation de cœur à cœur se tisse et permet à la personne écoutée de mieux se comprendre et de se sentir pleinement respectée.

Mais on ne peut parler d’écoute de l’autre, sans aborder l’écoute de soi-même. Si je suis conscient.e de mon ressenti corporel, de mes émotions, de mes pensées, je peux alors prendre de la distance avec ce que je vis, mieux le gérer et le contenir afin de rester disponible à l’autre. Et si, à un moment donné, mon état ne me permet pas cette ouverture à l’autre, je peux simplement lui demander d’attendre un peu…

En couple, l’écoute est un défi particulier parce que le lien d’amour qui nous unit suscite des émotions qui peuvent se révéler très fortes surtout si la parole de l’autre me concerne : grande joie, mais parfois aussi colère ou déception. Et ces deux dernières peuvent m’entraîner à réagir maladroitement ou à dire des mots qui dépassent ma pensée. Lorsque des sujets sensibles doivent être abordés, choisir le lieu et le moment opportuns favorisera une écoute attentive. A ce niveau, comment ne pas relever la richesse des devoirs de s’asseoir sous le regard de Dieu ?!

L’écoute vraie n’est pas innée. Elle s’apprend et s’approfondit. Suivre en couple une session à ce sujet peut être une merveilleuse opportunité de nourrir notre amour. Plusieurs organismes offrent cette chance.[2]

Car l’écoute éveille la Vie. Comme dit Christian Bobin : Être écouté, c’est être remis au monde, c’est exister, c’est comme si on vous redonnait toutes les chances d’une vie neuve !

Myriam Denis

Psychothérapeute conjugale et familiale

Le Chêne de Mambré


[1] Paul Watzlawick

[2] https://imago-belgique.be/ http://sortirdelaviolence.org/ https://cnvbelgique.be/agenda-des-formations/