Groupe de parole pour personnes séparées ou divorcées

Vivre une séparation ou un divorce est une période difficile à traverser… Un accompagnement bienveillant peut permettre aux personnes qui affrontent une telle situation de se sentir moins seules. A cette fin, Le Chêne de Mambré propose aux personnes séparées ou divorcées, un groupe de parole pour leur permettre de retrouver un ancrage et d’aller de l’avant ! Deux psychothérapeutes professionnelles faciliteront les échanges lors de ces rencontres qui auront lieu en présentiel à Wavre.

Les quatre accords toltèques

La communication et l’écoute sont des éléments clefs au sein d’un couple. A travers notre communication, nos gestes, nous allons pouvoir vivre davantage en harmonie. Les quatre accords toltèques nous apportent des conseils bien concrets.

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La différenciation au service du lien…

Lien… Attachement ou entrave ? Affinité ou enchaînement ? Tous nous cherchons à être en lien, à vivre ou recréer des relations positives ! Et pourtant…

Pourtant, combien de tensions, de conflits, de cancers (« quand serre… ») issus de liens abîmés, trompés ? Combien de dépressions, suicides engendrés par des ruptures de liens ?…  Nous avons tant de mal à détricoter les mécanismes sous-jacents de ce qui perturbe nos relations, à comprendre les attitudes de l’autre et bien souvent à nous comprendre nous-mêmes.

Le sujet fait couler beaucoup d’encre. Nous voudrions ici nous focaliser sur un élément essentiel pour soigner le lien : celui de l’unité dans la diversité.

La Trinité est l’essence même de notre foi : trois entités distinctes en une : Le Créateur, le Fils et l’Esprit qui les unit. Le couple est le sacrement de cette Trinité : l’homme, la femme et le couple lui-même créé par le lien l‘amour qui les unit. La famille composée du père, de la mère et de l’enfant reflète à leur façon cette image trinitaire. Des composantes différentes qui, tout en étant unies demandent à vivre en tant que telles.

La vie de ces communautés de personnes n’est possible que si la recherche d’unité s’associe à la différenciation de ces membres. Un couple laissant peu d’opportunités à chacun des partenaires d’être lui-même risque d’imploser. Une famille « très famille » qui entrave la liberté de ses membres dans ses choix et ses prises de distance se prépare paradoxalement à son éclatement.

Accepter la prise de distance et donner du temps au temps permettra à ceux qui s’éloignent de se sentir respectés et peut-être de revenir un jour. Le père du fils prodigue l’avait bien compris ![1]

Chaque groupe, couple, famille a besoin d’inspiration et d’expiration, de rapprochement et d’éloignement. C’est une question de souffle et d’équilibre. L’éloignement permet en effet à chacun de se recentrer, de se réaligner dans sa globalité (de refaire du lien en soi) ; de prendre conscience de la cohérence entre ce qu’il vit, ce qu’il ressent, ce qu’il pense ou souhaite et de se réajuster si nécessaire.

Parfois, dans un couple, l’un a besoin de distance, l’autre de rapprochement et ces aspirations apparemment contradictoires peuvent être mal comprises. Si Paul cherche à prendre plus de temps seul pendant une certaine période, Alix peut craindre de le perdre. Elle risque alors de s’accrocher à lui, de lui demander d’être présent tous les jours, de lui poser mille questions sur ses allées et venues. Paul, qui a besoin de solitude, sera alors poussé à prendre davantage ses distances incitant Alix à s’accrocher davantage… Un cercle vicieux s’installe. Il s’agit du paradoxe de la passion[2].

Seul le dialogue permet d’éviter ou de sortir de ce piège en exprimant ses sentiments (ex : étouffement pour l’un, inquiétude pour l’autre) et ses besoins (ex : distance pour lui, présence et sécurité pour elle) tout en tenant compte de ceux de l’autre.

Il y a aussi des liens si abîmés que les mots ne conviennent plus ou ne suffisent plus. Certaines personnes tellement peu respectées dans leur particularité n’osent plus s’exprimer. Une aide extérieure peut alors se révéler nécessaire pour permettre de comprendre les silences, de parler en son propre nom, d’oser la différence non plus comprise comme une menace mais comme une richesse et une condition de lien souple et solide !

Myriam Frys-Denis

Thérapeute conjugale et Familiale

Chêne de Mambré


[1] Le livre de Marion Muller Colard, Les Grandissants aborde ce sujet de façon très intéressante. Ed. Labor Et Fides, 2021, 88p,

[2] Delis, D. – Phillips C. Le paradoxe de la passion ; les jeux : de l’amour et du pouvoir. Ed Robert Laffont, 2007, 412p

Vers de nouveaux possibles…

Un arbre nu n’est pas un arbre mort nous rappelle Isabelle Le Bourgeois dans son livre Le Dieu des abîmes [1]. Ce qui peut nous paraître une évidence est pourtant une métaphore pour de nombreuses situations, nous redisant qu’au-delà des apparences la vie est toujours là : la paix, la joie du printemps peuvent toujours revenir !

Le travail de thérapie conjugale et familiale nous invite chaque jour à l’humilité. Certaines situations pourraient en effet être qualifiées de désespérantes. Or, le temps de tout un chacun est sacré. On ne déchire pas la chrysalide pour faire advenir le papillon avant l’heure… Travailler sur soi et sur sa relation à l’autre est loin d’être aisé pour ceux qui cherchent à mettre en mots leurs difficultés et leur souffrances. 

Toutes les personnes que nous rencontrons au Chêne de Mambré [2] sont mues par une espérance : l’espérance qu’il me reconnaisse, qu’elle ne me quitte pas, ou encore qu’on arrive à mieux communiquer… Elles crient – parfois à bas bruits – deux angoisses existentielles intrinsèquement liées l’une à l’autre : leur peur de l’abandon qui exprime un besoin d’amour et leur peur de ne pas exister qui exprime un besoin de reconnaissance.

Certains consultent une fois, d’autres dix fois ou plus. Quelques-uns interrompent le processus, d’autres ne donnent plus de nouvelles… Les thérapeutes ne voient donc pas toujours le résultat du travail dans lequel ils sont engagés avec les personnes. C’est portés par l’espérance et la foi en l’autre, en la Vie qu’ils auront à cœur de poursuivre leur service : en croyant que les personnes ont en elles les ressources pour avancer, qu’il y a une porte de sortie pour tous, même si, parfois, on peut difficilement l’imaginer!

Il y a deux ans, Inès et Bertrand sont venus régulièrement en consultation, sur une période d’environ 12 mois. A l’issue de cette période, Inès a décidé qu’il valait mieux se séparer de Bertrand et le couple a choisi d’interrompre le processus thérapeutique. Quelques mois plus tard, ils sont revenus consulter pour explorer la possibilité de se remettre ensemble. Ils sont néanmoins repartis sur le constat que cette éventualité était trop précoce… Quelle n’a pas été ma surprise de retrouver plus tard Inès et Bertrand ensemble à deux événements publics et cela à quelques mois d’intervalle ! Même si l’un ou l’autre signe laissait comprendre qu’ils ne vivaient toujours pas ensemble, quelle joie de les voir assis l’un à côté de l’autre à ces rencontres. Ils semblaient avoir trouvé un modus vivendi qui les rendaient plus sereins. Le cheminement se poursuivait…

Nous avons donné le nom du Chêne de Mambré à notre service d’écoute et d’accompagnement parce qu’il contient cette espérance. Le Chêne de Mambré, dans la Genèse, est un lieu où le champ des possibles s’élargit : au pied de cet arbre, Abraham et Sara s’entendent dire qu’ils auront un fils, alors qu’ils sont très âgés tous les deux. Sara n’y croit d’ailleurs pas et même en rit ! C’est donc un lieu de fécondité. Inspiré par cette histoire, notre service cherche à offrir aux personnes l’opportunité de réaliser qu’il y a des possibles qu’elles n’avaient pas encore envisagés. C’est un espace où toute personne peut venir et revenir quel que soit son passé pour y déposer même l’indicible et s’ouvrir à une présence écoutante.

Isabelle Le Bourgeois nous rappelle l’importance de cette présence : Être là, au plus près, au plus juste, le temps nécessaire. (…). Être là est du ressort de la foi. La foi en l’autre, en sa capacité à traverser le vent, les tempêtes (…) pour peu qu’il ne soit pas seul pour le vivre. La foi en l’autre, oui, mais aussi et peut-être surtout la foi avec l’autre [3].

En ce sens, la présence n’est-elle elle-même espérance puisqu’elle offre à la personne l’opportunité de se sentir aimée et reconnue et de découvrir de nouveaux horizons possibles ?

Myriam Denis
Thérapeute conjugale et familiale
Le Chêne de Mambré


[1] Le Dieu des abîmes. A l’écoute des âmes brisées, Albin Michel 2020, p.88

[2] Centre d’écoute et d’accompagnement de la pastorale Couples et Familles du Brabant wallon situé à Wavre

[3] Le Dieu des abîmes. A l’écoute des âmes brisées, Albin Michel 2020, p.88